Un rapport américain dénonce les abus de la police et des procureurs lors des enquêtes

La police américaine est sur la sellette depuis des mois pour ses méthodes d’arrestation. Selon un rapport, rendu public mardi 15 septembre, la police commettrait également de nombreuses irrégularités lors des enquêtes, tout aussi graves conséquences.

Les chercheurs ont parcouru les dossiers de près de 2500 personnes qui avaient été reconnues coupables de condamnations injustifiées au cours des trente dernières années: ils ont constaté que des comportements illégaux ou contraires à l’éthique de la part des policiers, ainsi que des procureurs, avaient contribué à plus de la moitié de ces erreurs judiciaires.

Leur faute la plus courante: la dissimulation de preuves à décharge, en jeu dans 61% des condamnations pour meurtre erronées, mais aussi la pression sur les témoins, les faux témoignages lors des procès, la réserve de drogue chez les suspects … peut-être lisons-nous dans le rapport de Registre national des exonérations, un projet de l’Université de Californie à Irvine et de l’Université du Michigan.

Les Afro-Américains sont plus victimes d’un usage excessif de la force

Concernant l’usage excessif de la force, dénoncé lors de manifestations géantes, les Afro-Américains sont plus victimes de tels abus que les suspects blancs, notamment dans les affaires de meurtre ou de drogue, notent les auteurs du rapport.

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Comme pour les bavures lors des arrestations, ces comportements ont peu de conséquences pour leurs auteurs: seuls 17% des abus conduisant à une erreur judiciaire ont été suivis de sanctions, écrivent-ils.

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En revanche, elles sont lourdes pour les victimes: les personnes condamnées à tort pour meurtre ont passé en moyenne treize ans et neuf mois en prison avant d’être innocentées.

Parmi eux, Michael Morton a passé près de vingt-cinq ans dans une prison du Texas pour le meurtre de sa femme avant d’être finalement déclaré innocent. Selon les auteurs du rapport, lors du procès, le procureur n’avait présenté ni le témoignage de leur fils de 3 ans, qui a disculpé son père, ni des voisins qui ont repéré un homme suspect devant leur maison. En 2011, des analyses ADN ont identifié le véritable coupable qui, entre-temps, avait tué une autre femme.

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Changer de “culture”

Pour les chercheurs, les appels à la réforme de la police doivent donc prendre en compte ce problème. Entre autres, ils suggèrent de rendre obligatoire l’enregistrement de tous les interrogatoires ou de clarifier les procédures de conservation des preuves matérielles.

C’est aussi, selon eux, changer ” Culture “ ce qui pousse la police et les procureurs à la faute. Dans les affaires de meurtre, “Ils sont sous pression” pour trouver les coupables: “Si une affaire ne peut être résolue rapidement, les autorités peuvent être tentées de l’abréger”, la plupart “S’ils sont convaincus de tenir le coupable”, soulignent-ils.

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Le monde avec l’AFP

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