Plan de relance: Jean-Baptiste Djebbari détaille les 11,5 milliards d’euros consacrés aux transports

Le transport représente un peu plus de 10% du plan de relance présenté ce jeudi matin par le gouvernement. Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, détaille le financement du plan de relance dédié à la mobilité.

Le plan de relance prévoit d’injecter plus de 100 milliards d’euros dans l’économie. Combien pour le transport?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI. Le transport bénéficie de l’une des plus grandes enveloppes. 11,50 milliards d’euros seront consacrés au transport au cours des deux prochaines années, dont la moitié (Note de la rédaction: 4,694 milliards d’euros) uniquement pour le rail.

À quoi servira cet argent?

2,3 milliards d’euros seront consacrés à la régénération accélérée du réseau ferroviaire. Et en particulier pour moderniser les interrupteurs. C’était planifié depuis longtemps mais jamais financé. Nous relançons également les trains de nuit en renouvelant les équipements pour 100 millions d’euros. Le train Paris-Nice sera rouvert, puis le train Paris-Tarbes-Hendaye. Avec le Paris-Briançon et le Paris-Rodez toujours en circulation, il y aura quatre trains de nuit d’ici 2022. Nous allons également financer l’ERTMS ( Note de la rédaction: système européen de gestion du trafic ferroviaire qui améliore la sécurité des trains ) tout comme ce qui a été lancé à Paris-Lyon. C’était là aussi dans le programme mais pas financé. 1,5 milliard d’euros seront consacrés à la fin du glyphosate ( NDLR: herbicide utilisé par la SNCF pour nettoyer les voies ferrées et dangereux pour la santé ) et la rénovation des ponts ferroviaires. Et pour les opérateurs de fret, nous allons réduire les prix du péage de 50% et financer le wagon unique ( Note de la rédaction: activité qui permet de transporter des quantités limitées de marchandises sur rails et de regrouper plusieurs wagons isolés de différents transporteurs ).

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Les trains de nuit et le wagon simple ont été abandonnés car ils n’étaient pas rentables… Qu’est-ce qui a changé?

Des études ont montré qu’il existe un réel intérêt pour les trains de nuit. En Autriche, 27 destinations sont desservies par des trains de nuit et utilisées par de nombreuses personnes. Et puis, aujourd’hui, l’Europe a débloqué 750 milliards d’euros. Ces 11,5 milliards d’euros d’argent frais pour les transports permettent de financer de nouvelles priorités, d’accélérer certains projets ou encore de financer des projets devenus Arlésien.

Il n’y a pas de gros projet, comme une nouvelle ligne à grande vitesse?

L’idée n’est pas de faire des annonces sensationnel. Nous voulons que le plan de relance soit concret pour les Français et corresponde à leurs besoins. Par exemple, 120 M € sont consacrés à l’accessibilité des gares pour les personnes à mobilité réduite ou 84 M € à l’installation de passages à niveau.

Pour le seul fret ferroviaire, les professionnels ont réclamé plus de 11 milliards d’euros …

Ce n’est que le début de l’histoire. Nous nous battons au niveau européen pour obtenir plus de ressources, notamment pour financer le renouvellement des équipements. Aujourd’hui, seuls 9% des marchandises sont transportées par train. Nous voulons atteindre au moins 18% d’ici 2030.

Et les petites lignes?

Il y a quelques mois, j’ai proposé aux régions un pacte d’un montant total de 6 milliards d’euros, financé pour un tiers par l’État pour sauver les petites lignes. Sans le plan de relance, nous aurions trouvé le financement étape par étape. Nous sommes désormais en mesure de signer les 13 régions en nous engageant sur dix ans.

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Depuis 2018 et la réforme ferroviaire, la SNCF a perdu entre 8 et 10 milliards d’euros, dont 4 milliards d’euros à cause du Covid-19 …

C’est juste. Mais grâce au plan de relance, il récupère plus de 4 milliards d’euros.

4 milliards d’euros manquent toujours …

Une succession d’événements, le Covid-19 mais aussi la grève de l’hiver dernier, ont éloigné la SNCF de sa trajectoire financière. C’est pourquoi l’entreprise doit étudier les différentes options qui lui permettront de trouver son équilibre, par exemple une session de filiales.

Lesquels? On parle du transporteur Geodis et Keolis, spécialiste du transport urbain …

Je ne peux pas vous répondre. Nous étudions avec la SNCF les actifs financiers qui pourraient être cédés mais aussi les gains de productivité qui pourraient être réalisés. Je pense que la SNCF a été très bonne sur l’interface client. En revanche, lorsqu’il s’agit de moderniser les installations industrielles, par exemple, il y a encore des gains de productivité à réaliser. Le groupe SNCF doit atteindre ses objectifs d’équilibre financier à l’horizon 2024.

À quoi servira l’autre moitié des 10 milliards d’euros?

1,9 milliard d’euros sont consacrés à la conversion du parc automobile. C’est-à-dire que nous étendons le bonus écologique et le bonus de conversion sur deux ans pour stabiliser le secteur automobile.

Avec les mêmes critères?

Pour le bonus de conversion et le bonus écologique, ce sera plus ou moins la même chose. La pénalité écologique pourrait éventuellement changer. Les arbitrages n’ont pas encore été rendus. Nous disposons également de 1,2 milliard d’euros qui financeront la mobilité quotidienne comme le métro de Toulouse, les études des RER de Strasbourg et de Lille, le déploiement des tramways T3 et T1 en Ile-de-France mais aussi l’aménagement et la sécurisation des pistes cyclables. Sur les routes, nous investissons 500 millions d’euros, dont 100 millions d’euros pour l’installation de bornes électriques. Nous avançons le calendrier d’un an. Nous voulons que 100 000 terminaux soient installés d’ici la fin de 2021, contre 30 000 actuellement, afin de rassurer les acheteurs de voitures électriques. Autre exemple, le projet bidirectionnel à trois voies du périphérique de Bordeaux sera accéléré.

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Et pour l’air?

Nous débloquons 1,8 milliard d’euros principalement pour aider l’industrie aéronautique à créer l’avion du futur. Nous espérons que l’avion régional hybride sera créé d’ici 2027 et l’avion à faible émission de carbone, probablement à hydrogène, d’ici 2033.

Rien pour les entreprises?

Nous les suivons de très près. Le juge de paix reprendra le trafic. En d’autres termes, si les utilisateurs retournent à l’avion.

Exactement, quelles conclusions pouvons-nous tirer de ces vacances?

Même si le trafic ferroviaire a baissé de 15%, nous avons passé un très bon été. Dans le secteur aérien, 50% des liaisons ont été pourvues d’avions à moitié pleins conformément à la réglementation sanitaire. Le creux est un peu moins prononcé que ce que nous avions estimé. Mais si le décrochage se poursuit dans les transports publics, il faudra se poser la question du modèle économique.

Que voulez-vous dire ?

Nous ne voulons pas de hausses d’impôts à tous les niveaux. Et comme Valérie Pécresse en Ile-de-France, les élus ne veulent pas augmenter les prix des titres de transport. Mais peut-être sera-t-il nécessaire de revoir le niveau des subventions publiques et communautaires.

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