L’éco-taxe de 4,2 milliards d’euros qui secoue Airbus et le monde aéronautique à Toulouse

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Déjà en proie à la crise sanitaire, le transport aérien est menacé par l’introduction d’une taxe environnementale résultant des choix de la Convention Citoyenne pour le climat. Son coût s’élèverait à 4,2 milliards d’euros.

Alors que la crise des coronavirus plonge le secteur aéronautique dans le marasme, une autre menace plane sur l’ensemble de l’industrie et fait déjà trembler les cockpits. Cette fois, c’est une éco-taxe qui fait partie des huit mesures préconisées par les 150 participants à la consultation citoyenne pour le climat, qui plane comme une épée de Damoclès au-dessus des entreprises aéronautiques.

Une grande conférence est organisée ce samedi 12 septembre par le ministère de la Transition écologique avec l’ensemble des parties prenantes pour tenter de limiter les effets néfastes du transport aérien sur la planète. Et donc de trouver un consensus entre maintien de l’économie et urgence écologique.

Un sujet très sensible puisque si elle est introduite, cette taxe «verte» représenterait un coût de 4,2 milliards d’euros pour le transport aérien français, selon les estimations de la DGAC (direction générale de l’aviation civile). “Si ces propositions sont suivies, c’est la mort annoncée de plusieurs compagnies aériennes et aéroports en France, qui subissent déjà le choc le plus violent de leur histoire”, déclare Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français, dans le journal Les échos. Nous assisterons à des fermetures massives de liaisons aériennes, avec de graves conséquences pour le tourisme et l’économie des territoires ». La conférence prévue samedi doit être la dernière étape avant la facture attendue fin septembre.

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“Toute l’industrie est inquiète”

A Toulouse et en Occitanie, où l’aéronautique est le principal moteur économique de la région, l’annonce de cette éco-taxe est prise très au sérieux. Dans le contexte actuel de crise sanitaire, la baisse du trafic aérien est de 65% en moyenne pour le court-courrier et de 85% pour le long-courrier. “Du jamais vu!”, Reconnaissez tous les observateurs du secteur.

Pour la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM), le coup est dur. «Toute l’industrie est inquiète car nous opposons économie et écologie, donnant l’impression que c’est l’avion qui pollue le plus. Aujourd’hui, nous faisons tout pour empêcher les gens de voyager ». Cependant, l’aviation représente environ 2% des émissions mondiales de CO2 d’origine humaine. En France, le transport aérien intérieur représente 1,4% des émissions nationales de CO2.

Une taxe de 1,50 à 30 € en classe économique sur court et moyen courrier

Selon les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, le montant de la taxe pour l’éco-contribution se situerait entre 1,50 et 30 €, en classe économique, sur le court et moyen courrier. Sur le long terme, il serait entre 3 et 60 €, pour la classe éco. C’est une augmentation de 1900%. Avec forcément un impact sur le prix des billets d’avion répartis différemment selon les compagnies.

Selon la FNAM, l’impact économique de cette taxe entraînerait une perte de 150 000 emplois et une baisse de 19% du trafic. Des retombées également attendues sur l’économie des régions, sur les territoires industriels accueillant de grands groupes internationaux. De plus, l’écotaxe ne s’applique qu’aux vols pour lesquels des billets sont achetés en France, les voyageurs pourraient être tentés de prendre leur vol depuis d’autres aéroports européens.

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