Lagardère refuse de convoquer une assemblée générale exceptionnelle mais est prêt pour un “dialogue” avec les actionnaires

C’est un nouveau rebondissement dans la guerre d’usure au sein de Lagardère. Le conseil de surveillance de Lagardère a rejeté lundi 31 août la demande d’assemblée générale exceptionnelle d’Amber Capital et de Vivendi, a annoncé le groupe dans un communiqué.

«Le conseil de surveillance a (…) a considéré que les conditions légales ne sont pas réunies pour s’écarter du calendrier social connu de tous les actionnaires », il explique.

Amber Capital a demandé la tenue d’une assemblée générale des actionnaires ” Dès que possible “ afin de procéder à une réorganisation partielle du conseil de surveillance. Le fonds d’investissement s’est associé à Vivendi en août dans le cadre d’un pacte d’actionnaires pour obtenir quatre sièges au conseil de surveillance. Amber et Vivendi détiennent près de 44% du capital de Lagardère et un peu plus de 30% des droits de vote.

Dans son communiqué, le conseil de surveillance de Lagardère estime que, «La dernière assemblée générale ayant valablement eu lieu le 5 mai après plusieurs mois d’intenses débats sur la gouvernance du groupe, il n’y a pas [a] aucune raison légitime de convoquer une nouvelle assemblée générale en cas d’urgence ». “Toutefois”, il ouvre la porte à ses détracteurs et fait savoir que“En accord avec la direction” il possède “A décidé d’ouvrir un dialogue constructif et pacifique avec les actionnaires”.

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Démissions du conseil de surveillance

Le Comité des Nominations, des Rémunérations et de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) “Saisie de la candidature de Virginie Banet [qui serait proposée par Vivendi], qu’il examinera notamment au regard de son indépendance et des critères énoncés dans le document d’enregistrement universel 2019 » du groupe.

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Ces dernières semaines, deux membres du conseil de surveillance de Lagardère avaient démissionné: Aline Sylla-Walbaum, directrice générale des activités françaises de la maison de ventes Christie’s, et Yves Guillemot, président-directeur général de l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft.

En remplacement de Mmoi Sylla-Walbaum, le conseil de surveillance a annoncé lundi soir qu’il “Coopté” Valérie Bernis, “Une expérience reconnue au sein de grands groupes à dimension internationale sera un atout précieux pour accompagner le groupe Lagardère”. Mmoi Bernis rejoindra le Comité des nominations, des rémunérations et de la RSE, est-il précisé.

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Lagardère a été durement touché par la crise sanitaire et a perdu près de 500 millions d’euros au premier semestre.

Arnaud Lagardère a récemment appelé le milliardaire Bernard Arnault à venir rembourser ses dettes en échange de 27% de sa holding familiale. Selon les comptes de sa holding, publiés début août, son endettement total s’élevait à 214 millions d’euros en 2019, dont 164 millions d’euros venant à échéance en fin d’année.

L’arrivée de Bernard Arnault est prévue début septembre. Le milliardaire et PDG de LVMH doit prendre 27% de la participation par augmentation de capital et achat d’actions.

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Le Monde avec l’AFP et Reuters

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