D’énormes mesures contre Facebook aux États-Unis qui exigeaient le démantèlement d’Instagram et de WhatsApp

Un manifestant appelle au démantèlement de Facebook le 21 novembre 2021 à San Francisco. – – Jeff Chiu / AP / SIPA

Une bataille titanesque est annoncée. La Commission américaine de la concurrence (FTC) et les procureurs de 48 États et territoires du pays ont annoncé mercredi avoir déposé une plainte contre Facebook qu’ils accusent abuser de sa position dominante et ses coffres bien garnis pour évincer la concurrence.

La FTC qui avait déjà imposé une amende de 5 milliards de dollars Facebook appelle en 2019 à la décomposition du groupe notamment, avec la séparation d’Instagram et de WhatsApp, que Facebook a racheté en 2012 et 2014. La société a promis de répondre en détail aux accusations, mais rappelle que la FTC a validé ces retraits.

Concurrence “écrasée ou entravée”

De telles pratiques, selon les autorités, nuisent aux consommateurs en leur donnant moins de choix et en réduisant la protection de leurs informations privées, et aux annonceurs en leur laissant peu d’alternatives pour faire de la publicité.

Les autorités accusent spécifiquement Facebook d’avoir repris l’application Instagram pour 1 milliard de dollars en 2012 et la messagerie WhatsApp en 2014 pour 22 milliards de dollars. Ils attaquent également les termes que Facebook impose aux développeurs de logiciels.

La FTC appelle donc les tribunaux à forcer à terme Facebook à revendre Instagram et WhatsApp. L’agence souhaite également que le groupe de Mark Zuckerberg cesse d’obliger les développeurs à accepter certaines conditions et lui demande le feu vert pour toute reprise. De leur côté, les procureurs se disent informés de chaque acquisition de plus de 10 millions de dollars que le réseau social souhaiterait faire.

Course pour les messages communs

Le premier réseau social mondial a toujours nié les allégations de monopole, arguant que les consommateurs ont un large éventail d’interactions en ligne. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) sont généralement dans la ligne de mire des autorités américaines, qui les soupçonnent d’exploiter leur position dominante pour détruire leurs concurrents.

Sachant qu’il était menacé, Facebook a tout fait pour rendre son démantèlement difficile. La société a récemment fusionné Messenger, Instagram et WhatsApp – officiellement pour plus d’interopérabilité. Dans la pratique, cependant, cela pourrait servir d’argument selon lequel le démantèlement serait trop compliqué et désavantagerait trop Facebook.

Facebook n’est pas le seul géant de la Silicon Valley dans la ligne de mire des autorités. Le ministère de la Justice et onze Etats ont donc engagé des poursuites contre Google mi-octobre et accusé le groupe d’avoir abusé d’une quasi-hégémonie avec leur moteur de recherche. Des allégations similaires ont été formulées contre le groupe informatique Microsoft à la fin des années 1990. Après près de trois ans de procédure, le ministère de la Justice n’avait pas liquidé l’entreprise.

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