Une feuille de route pour le financement de la Santé au Maroc

Les participants à la Conférence nationale sur le financement de la Santé ont appelé à la nécessité d’augmenter la part du budget du ministère de la Santé dans le budget de l’État afin de se rapprocher des standards internationaux en la matière.

Dans des recommandations formulées à l’issue de cette conférence qui s’est tenue les 18 et 19 juin à Salé à l’initiative du ministère sous Haut patronage Royal, les différents intervenants ont souligné l’importance d’investir davantage dans la santé en tant que secteur productif et économique pour les générations futures, et non pas uniquement en tant que secteur social.

L’accent a été également mis sur la nécessité de mettre en place des réformes structurantes pour améliorer l’offre de soins et adopter des mécanismes de financement innovants, d’œuvrer progressivement à l’unification des régimes obligatoires d’assurance maladie de base avec pour objectif, la mise en place d’un régime national universel de base et d’intégrer le dispositif public et l’offre privée dans le cadre de véritables cartes sanitaires régionales tout en veillant à investir dans les soins de santé primaires.

Les participants ont aussi insisté sur l’impératif de doter les hôpitaux d’une réelle autonomie de gestion tenant compte de la dimension territoriale, afin d’améliorer la performance en termes de gestion des ressources financières et humaines, de réaliser des gains d’efficience en renforçant le contrôle des coûts des médicaments et en améliorant le rendement du corps médical et de séparer les fonctions de gestion financière et de prestation de soins afin d’optimiser les ressources et renforcer la spécialisation des acteurs.

Ils ont, à cette occasion, plaidé en faveur de la réorganisation du système de soins autour d’une offre de soins publique accessible de qualité, du renforcement du partenariat avec le secteur associatif et le secteur privé à but non lucratif pour mobiliser les ressources de la philanthropie, développer l’offre de soins au profit de larges franges de la population et poursuivre le financement et la mise en œuvre des programmes de santé, outre l’accélération de l’extension de la couverture médicale à d’autres catégories notamment les travailleurs non-salariés.

Ces recommandations s’articulent notamment autour de la révision du positionnement actuel de l’Agence nationale de l’assurance maladie et de l’évolution des textes juridiques au niveau de ses missions et de sa gouvernance pour la rendre une véritable autorité de régulation de toute la couverture médicale de base.

Elles visent par ailleurs à poursuivre l’effort d’exonération de la TVA sur les médicaments qui représentent 36% de la dépense des ménages en santé, afin de réduire la charge de soins sur les citoyens, à renforcer l’efficacité administrative et la transparence de la gestion au niveau des hôpitaux publics en renforçant leur autonomie de gestion dans l’objectif d’améliorer leur capacité d’attirer les fonds de l’assurance maladie obligatoire et à assurer l’équité au niveau du financement en adoptant le même taux de cotisation pour tous les assurés et le même panier de soins pour l’harmonisation des régimes et leur convergence.

Les participants ont en outre appelé à la nécessité de développer le prépaiement et réduire les paiements directs des usagers en mettant en place des outils de maitrise médicalisée des dépenses, en l’occurrence, les protocoles thérapeutiques, la tarification nationale de référence, le contrôle technique et la maîtrise des ressources et d’opter pour un modèle d’achat des services médicaux centré sur la maîtrise des coûts et le suivi des prestations, en vue de converger vers l’achat stratégique.

L’exploitation du partenariat public/privé y compris le financement par les organismes de placement en capital immobilier en tant que nouveau mode de financement du secteur de la santé, en particulier pour les structures hospitalières publiques, à l’instar du secteur des infrastructures et l’accélération de la refonte de la loi 65-00 pour accompagner efficacement le parachèvement de la couverture sanitaire universelle, figurent aussi parmi les recommandations émises lors de cette rencontre.

Les débats et les échanges entre les participants ont également porté sur la nécessité de déployer un système d’information national intégré et interopérable entre tous les acteurs afin de fluidifier les flux d’informations et améliorer la performance de la gestion de la couverture médicale, de définir un panier de soins unifié universel et accessible à toute la population, en mettant l’accent sur la prévention, ainsi que ses modalités de financement et de développer le parcours de soins coordonné autour du médecin de famille.

Organisée en partenariat avec l’Organisation Mondiale de la santé, cette conférence nationale sur le financement de la santé a constitué un espace d’échange des expériences nationales et internationales animé par un parterre d’experts et consultants de renom, en vue d’esquisser une stratégie de financement de la santé viable et crédible. Elle avait pour but d’établir une feuille de route d’une nouvelle stratégie nationale de financement de la santé socialement abordable et économiquement soutenable, par le biais notamment de l’examen de l’espace budgétaire existant et l’identification des opportunités potentielles en termes de financement innovant et de financement alternatif pour générer des ressources supplémentaires pour la santé.

Lalettre.ma avec map

Inscrivez-vous à notre newsletter
Avec la newsletter quotidienne du Lalettre.ma, recevez par email les infos les plus importantes et les meilleurs articles du jour.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Lire aussi