Le président du directoire du journal Le Monde convoqué par la sécurité intérieure

Le président du directoire du journal Le Monde, Louis Dreyfus, a été convoqué à son tour par la Direction générale de la sécurité intérieure, dans les mêmes circonstances qu’ Ariane Chemin, grand reporter au quotidien.

Le journal avait révélé mercredi qu’Ariane Chemin était convoquée pour des articles sur les affaires d’Alexandre Benalla – ex-conseiller d’Emmanuel Macron -, et « sur le profil d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Élodie Poitout ».

La résidence Matignon abrite les services du Premier ministre.

Tout comme Ariane Chemin, M. Dreyfus, qui devra se présenter le 29 mai, a été convoqué en vue d’une audition libre dans les locaux de la DGSI, dans le cadre d’une enquête ouverte pour « révélation de l’identité d’un membre des unités des forces spéciales ». Selon des sources concordantes, cette enquête fait suite à une plainte déposée mi-avril par Chokri Wakrim.

La convocation de la reporter à la DGSI, qui fait suite à celle de plusieurs autres journalistes ayant enquêté sur l’utilisation d’armes françaises au Yémen, a soulevé une vague de protestations de journalistes et de personnalités politiques, qui y voient une atteinte à la liberté de la presse et au droit d’informer.

L’association du prestigieux prix Albert-Londres a également dénoncé cette situation jeudi, exprimant dans un communiqué « sa profonde inquiétude devant la multiplication de convocations judiciaires de journalistes qui n’ont fait que leur travail d’enquête ».

En outre, une pétition lancée sur le site change.org par une journaliste yéménite en soutien aux reporters de Disclose, et adressée notamment au président Emmanuel Macron, a recueilli à ce jour plus de 57.000 signatures.

De son côté, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a justifié ces convocations par le fait qu’on « ne peut pas dévoiler l’identité d’un agent qui appartient aux forces spéciales ».

Elle a également défendu la protection par l’Etat d' »un certain nombre de données qui sont nécessaires à des activités, notamment des activités de défense extérieure et des activités militaires ».

Il n’est « pas normal » qu' »une note classée secret défense se retrouve dans la nature » ,a-t-elle encore estimé.

afp

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