Notre-Dame: reconstruction, promesses, et premiers grincements de dents

Deux jours après l’incendie, la reconstruction de Notre-Dame de Paris, promise par le président Macron dans les 5 ans, est sur la table d’un Conseil des ministres consacré au drame, qui continue de nourrir l’émotion mais suscite aussi de premiers grincements de dents.

Pour marquer symboliquement le choc suscité par le drame, toutes les cathédrales de France feront sonner leurs cloches mercredi soir à 16h50 GMT, heure à laquelle le sinistre s’est déclaré à Paris.

Et après la promesse mardi soir du président Macron de rebâtir l’emblématique cathédrale d’ici à cinq ans, et « plus belle encore », le Conseil des ministres hebdomadaire se penchait mercredi matin sur l’incendie et les défis de la reconstruction du monument le plus visité d’Europe.

Le Premier ministre Edouard Philippe s’exprimera à son issue, avant « une réunion de lancement de la souscription nationale et de la reconstruction », a précisé la présidence française.

Face à ce chantier colossal, les contributions affluent, d’Apple à la Banque centrale européenne, du géant pétrolier Total aux familles fortunées de France, en passant par des milliers d’anonymes, atteignant au moins 800 millions d’euros mardi soir. Pour sa part, la maire de Paris Anne Hidalgo a souhaité organiser une conférence internationale des donateurs.

Cette pluie de dons en un temps record a suscité des critiques, certains responsables politiques et syndicaux, ainsi que des « gilets jaunes », critiquant la promptitude à se précipiter au chevet de Notre-Dame.

L’ex-« gilet jaune » Ingrid Levavasseur a ainsi fustigé « l’inertie » des grands groupes face à la « misère sociale », tandis que la tête de liste pour les européennes de la gauche radicale, Manon Aubry, appelait les entreprises à « déjà payer leurs impôts plutôt que de médiatiser des dons défiscalisés à 60% ».

« Polémique minable », a rétorqué le dirigeant de l’organisation patronale française Geoffroy Roux de Bézieux.

« Opposer les vieilles pierres aux hommes c’est ridicule dans la mesure où ces pierres nourrissent les hommes », avec les années de travail assurées par ce chantier aux « tailleurs de pierre, couvreurs et charpentiers » qui vont y oeuvrer, a défendu Stéphane Bern, le « Monsieur patrimoine » de la présidence.

Le chantier pour ce bijou de l’art gothique, qui faisait l’objet d’importants travaux depuis plusieurs mois, s’annonce colossal, et les interrogations se font jour: reconstruire à l’identique ? Utiliser les mêmes matériaux ?

Le toit, la charpente et la flèche se sont effondrés, jonchant l’intérieur de la cathédrale de monceaux de débris calcinés, mais l’édifice, vieux de plus de 800 ans, est resté debout. Il s’en est fallu de peu, « à un quart d’heure ou une demi-heure près », selon les autorités françaises.

Les deux tours emblématiques de la façade ouest ont été épargnées et le coq de la flèche a été retrouvé. La couronne d’épines et la tunique de Saint Louis, deux objets extrêmement importants pour les catholiques, ont pu être sauvées, comme plusieurs oeuvres d’art, mais certaines n’ont pas pu être déplacées et restent étroitement surveillées par les pompiers.

L’enquête, qui a commencé alors que l’incendie faisait encore rage, s’oriente vers « la piste accidentelle », a précisé le procureur de Paris, Rémy Heitz. Une trentaine de témoins – des ouvriers présents lundi et des employés chargés de la sécurité de l’édifice – ont déjà été entendus et d’autres le seront mercredi.

De Donald Trump à Vladimir Poutine en passant par le président chinois Xi Jinping et le Roi Mohammed VI du Maroc, le drame a provoqué une vive émotion sur le globe.

L’incendie est intervenu au premier jour des célébrations de la Semaine sainte qui mène à Pâques, principale fête chrétienne.

Lalettre.ma avec afp

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