Ouverture à Casablanca du procès en appel de Taoufiq Bouachrine

Le procès en appel du journaliste Taoufiq Bouachrine s’est ouvert mardi à Casablanca, cinq mois après sa condamnation à 12 ans de prison ferme pour agressions sexuelles.

Taoufiq Bouachrine a été arrêté en février 2018 dans les locaux de son journal et incarcéré depuis. Le directeur du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum, qui a toujours nié toute relation non consentie avec les plaignantes, avait été reconnu coupable en novembre de tous les chefs d’accusation en première instance.

Dans un avis rendu en janvier, le groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits humains des Nations unies avait appelé à sa libération immédiate, stigmatisant une détention « arbitraire » et un « harcèlement judiciaire » sous-tendu par une insuffisance des preuves et des témoignages à charge.

Les avocats du journaliste ont invoqué cet avis mardi pour attaquer la « détention arbitraire » de leur client, suscitant des réactions indignées des avocats de la partie civile qui ont dénoncé les « données mensongères » du rapport.

« Le procès en première instance s’est déroulé dans le respect de toutes les garanties de l’équité », a pour sa part insisté le représentant du parquet.

« Nous attendons que la justice réévalue les indemnités des victimes qui ne correspondent pas à l’ampleur des supplices subis », a déclaré mardi Me Abdelfattah Zahrach, un des avocats des partie civiles.

Début février, Amnesty International avait aussi appelé les autorités marocaines à libérer « immédiatement » M. Bouachrine en affirmant qu’il payait « au prix fort son droit d’exprimer pacifiquement des opinions critiques ».

M. Bouachrine est actuellement poursuivi dans deux autres affaires pour « diffamation » et « publication de fausses informations » liées à des articles publiés dans son journal début 2018.

Dans une autre affaire de « diffamation », il a été condamné en décembre à verser environ 130.000 euros d’indemnités à deux ministres.

En 2009, il avait été condamné à quatre ans de prison avec sursis pour la publication d’une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale ainsi que du drapeau national.

afp

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