Buzz: Zora, un robot humanoïde au service des personnes âgées

Ils peuvent donner un cours de gymnastique douce ou danser sur « la Java bleue »: de petits robots humanoïdes sont désormais au service des personnes âgées dans la quinzaine d’établissements d’un groupe de maisons de retraite privées, ont annoncé jeudi ses dirigeants.

Tous les établissements du groupe « Maisons de famille », de petits Ehpad haut-de gamme situés partout en France, sont dotés depuis quelques jours d’un exemplaire de Zora. Capable de parler et de danser, cette créature de 58 cm de haut doit surtout aider à créer de nouvelles interactions avec les résidents.

Le robot n’a pas vocation à remplacer la présence humaine, mais à « épauler nos équipes dans leur quotidien, pour qu’elles soient encore plus présentes auprès de nos résidents », a souligné Delphine Mainguy, directrice générale du groupe Maisons de famille, lors d’une conférence de presse organisée dans un établissement parisien du groupe.

« Au début, j’étais extrêmement sceptique, je me demandais ce qu’un robot venait faire dans cet univers humain », confie Mme Mainguy, qui dit cependant avoir été ensuite conquise, convaincue que l’innovation permettait d’instaurer de nouvelles formes d’interaction, en particulier avec les personnes âgées souffrant de troubles cognitifs.

Zora, développé par la société belge Zora Bots et facturé 15.000 euros par exemplaire, peut guider une séance de gymnastique douce: il montre et explique patiemment les mouvements à effectuer. Pendant ce temps, Justin Santamaria, enseignant en activité physique adaptée, peut intervenir en aparté auprès de chaque résident pour corriger tel ou tel geste.

« C’est extraordinaire! J’aurai vécu assez longtemps pour voir ça! », s’exclame Mireille, 93 ans, après le « show » assuré par le petit personnage motorisé, capable de saluer de la main ou de se déhancher sur l’air de « Qué sera, sera ».

Pour Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), la robotique « va apporter, d’ici cinq ou dix ans, une évolution très importante dans nos métiers », qui devra nécessairement être accompagnée d’une réflexion éthique.

Cette évolution peut avoir pour conséquence de « diminuer la présence humaine », ou au contraire permettre au personnel de confier aux robots certaines tâches répétitives, et de se libérer ainsi du temps supplémentaire pour accompagner les personnes âgées, souligne-t-il.

L’intervention des robots devra toujours se faire « au service des personnes aidées, en augmentant le temps humain passé auprès d’elles et en améliorant les rémunérations des salariés et/ou en diminuant leur temps de travail », ajoute l’association dans un communiqué.

afp

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