La justice française déboute une société qui réclamait le paiement d’un film X aux Saoud

Un prestataire, qui réclamait en justice le paiement des frais de tournage d’un film pornographique qu’il disait destiné à un ancien haut dignitaire du régime saoudien, a été débouté jeudi par la justice française, à la satisfaction de la famille royale qui dénonçait un mensonge.

Le tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris, a estimé que la société Atyla n’avait pas fait la démonstration de l’existence d’un contrat avec la SCI Bugeaud, détenue par plusieurs membres de la famille royale saoudienne. Atyla « ne produit aucun document contractuel justifiant de ce que celle-ci lui aurait commandé des prestations à caractère pornographique et notamment la réalisation d’un film de cette nature », peut-on lire dans la décision de justice.

Le tribunal a condamné Atyla à payer 5.000 euros de dommages et intérêts à la SCI pour un préjudice d’image, après la diffusion d’articles de presse sur cette affaire à travers le monde.

La SCI, située dans un hôtel particulier situé dans le très chic XVIe arrondissement de Paris, était accusée par Atyla de ne pas avoir réglé 90.000 euros avancés par cette dernière pour le tournage d’un film à caractère pornographique réalisé avec la maîtresse présumée de Saoud Al Fayçal, ancien ministre des Affaires étrangères saoudien décédé en juillet 2015.

Cette SCI est détenue par plusieurs membres de la famille royale saoudienne, dont la princesse Lana Al Saoud, fille de l’ancien haut dignitaire mis en cause.

A l’audience le 15 novembre, l’avocat de la SCI avait dénoncé une « tentative d’escroquerie au jugement », demandant 100.000 euros de dommages et intérêts.

« Justice a été rendue », a réagi l’avocat, Me Bouchez El Ghozi jeudi. « On a attendu le décès de Saoud Al Fayçal pour, quelques mois après, salir sa mémoire en proférant des accusations mensongères », a-t-il affirmé, qualifiant la décision de « cinglante ».

Celui d’Atyla, Me Ivan Itzkovitch, a dit ne pas être « surpris » par la décision : « la nature même de la prestation faisait qu’il y avait absence de contrat », a-t-il estimé. « Ce qui est dommage c’est que le tribunal ne prend pas la peine d’examiner le faisceau d’indices » soumis par la société, a-t-il ajouté. Il a indiqué étudier l’opportunité de faire appel.

afp

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