La question du Sahara débattue à Genève après des années d’impasse

L’émissaire de l’ONU Horst Kohler réunit mercredi et jeudi à Genève le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie pour une « table ronde initiale », avec l’espoir de relancer des négociations au point mort depuis 2012.

En charge du dossier depuis 2017, l’ex-président allemand Horst Kohler a déjà rencontré plusieurs fois, mais séparément, les différentes parties, notamment lors d’une tournée régionale.

Ses efforts ont permis d’asseoir à la même table le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, même si le format de la réunion ne fait pas l’unanimité parmi les invités: Alger assure venir en tant que « pays observateur » alors que Rabat considère son voisin comme « partie prenante ».

La réunion, prévue au Palais des Nations de Genève, se veut « le premier pas d’un processus renouvelé de négociations » pour une « solution juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’auto-détermination du peuple du Sahara occidental », selon une note d’information de l’ONU.

L’ordre du jour reste très vague: « situation actuelle, intégration régionale, prochaines étapes du processus politique », selon cette note. L’approche, quant à elle, est de ne pas mettre « trop de pressions et d’attentes » sur cette première rencontre, considérée plutôt comme un échauffement visant à rompre la glace, décrypte une source diplomatique proche du dossier en soulignant les mauvaises relations entre Alger et Rabat.

Sur le terrain, « la situation est restée généralement calme des deux côtés du mur de sable » érigé par les Marocains sur 2.700 km et ce « malgré la persistance des tensions » survenues en début d’année, selon le dernier rapport publié par l’ONU.

Pour le Polisario, la récente réduction de 12 à six mois du mandat des casques bleus de la Minurso, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu, fait partie de la « dynamique » créée par la nomination de M. Kohler. C’est sous la pression des Etats-Unis qu’un mandat de six mois a été voté au Conseil de Sécurité, en avril puis en octobre, avec en ligne de mire le coût du dispositif pour un processus de paix qui n’avance pas.

Avant la réunion de Genève, chacun est resté sur ses positions tout en clamant sa bonne volonté.

Partisan d’une solution politique durable marquée par un esprit de compromis, le Maroc ne transigera pourtant pas sur son intégrité territoriale et sur la marocanité du Sahara, comme l’a récemment répété le Roi Mohammed VI.

Pour le Polisario, « tout peut être négociable sauf le droit inaliénable et imprescriptible de notre peuple à l’autodétermination », affirme un membre du mouvement séparatiste.

Principal soutien du Polisario, Alger appuie dans les mêmes termes « l’exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination ».

L’Algérie, qui ira à Genève « en qualité d’Etat voisin », prône elle une « négociation directe, franche et loyale » entre le Maroc et le Polisario pour une « solution définitive », selon un récent communiqué officiel.

Officiellement, c’est le point sur « la situation au Maghreb » qui « explique la présence de l’Algérie et de la Mauritanie » à Genève, selon une source algérienne proche du dossier.

La rédaction avec afp

Inscrivez-vous à notre newsletter
Avec la newsletter quotidienne du Lalettre.ma, recevez par email les infos les plus importantes et les meilleurs articles du jour.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Lire aussi