Procès Bouachrine: Prison ferme confirmée en appel pour Afaf Bernani

Afaf Bernani condamnée à six mois de prison ferme pour avoir accusé la police d’avoir falsifié sa déposition pour la présenter comme victime dans le procès de Taoufiq Bouachrine, a vu sa peine confirmée en appel mercredi.

Condamnée par la cour d’appel de Casablanca pour « diffamation, dénonciation calomnieuse et outrage à fonctionnaire public », Afaf Bernani peut être incarcérée « à tout moment », a indiqué son avocat Mohamed Ziane à l’issue du verdict. « Nous comptons déposer un recours devant la cour de cassation jeudi », poursuivra-t-il.

Afaf Bernani fait partie des 15 parties civiles enregistrées par la justice comme des victimes présumées de Taoufiq Bouachrine, directeur du quotidien Akhbar Al-Yaoum.

Arrêté le 23 février et incarcéré depuis à la prison de Casablanca, le journaliste est accusé de « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles », « viol et tentative de viol ».

M. Bouachrine, qui risque vingt ans de prison, dément en bloc et se dit victime d’un « procès politique ». Après des mois d’audiences à huis clos, le verdict est attendu dans la semaine.

L’accusation repose notamment sur des vidéos saisies dans son bureau au moment de son arrestation. Au début de l’affaire, le procureur du roi avait affirmé que la justice considérait « toutes celles qui figurent sur les vidéos comme des victimes même si elles ne portent pas plainte ».

Afaf Bernani n’est pas la seule à avoir contesté les éléments à charge réunis par la justice marocaine dans cette affaire mais elle est la seule à avoir lancé une procédure judiciaire contre la police. Trois autres femmes listées comme « victimes » ont démenti être concernées par cette affaire, d’autres ont refusé de se présenter devant le tribunal.

Cinq des quinze parties civiles initialement listées ont confirmé devant le tribunal avoir subi les assauts de M. Bouachrine contre leur gré.

Avocats de la défense et parquet se sont mutuellement accusés de faire pression sur les victimes présumées pour fausser le procès qui a focalisé l’intérêt des médias, avec des avis très partagés du fait de la notoriété de l’accusé et de la gravité des charges.

avec afp

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