Billet: De la dignité chez l’Homme politique- par Anass Benaddi

Nicolas Hulot quitte le gouvernement Philippe. La démission du ministre français de la Transition écologique et solidaire a fait l’effet d’une bombe. Malgré les remarquables réalisations, toutes à mettre à son actif, au bout de quatorze mois en tant que membre de l’exécutif, l’ex-animateur de l’émission Ushuaia a préféré claquer la porte d’un gouvernement dans lequel il ne se sentait plus tellement à sa place. C’est ce qu’il confiera sur les ondes de France Inter devant une Léa Salamé médusée, incapable de contenir sa stupéfaction. C’est dire que l’annonce a fait l’effet d’une véritable bombe.

Nicola Hulot explique son départ par son refus de ce qu’il appelle « une politique des petits pas », insuffisante selon lui face aux véritables enjeux de l’environnement. Les médias hexagonaux nous apprennent aussi que l’ancien ministre ne pouvait plus tolérer l’ingérence outrancière des groupes de pression dans la politique environnementale de la présidence Macron.

La démission de Nicolas Hulot est du pain béni pour les oiseaux de proies de tous bords. L’acte en lui-même est déjà l’objet de tentatives de récupération tous azimuts, comme l’exigent les règles du jeu politique. Nous dirons que c’est de bonne guerre. Il déchaîne les passions et nourrit toutes sortes de spéculations, tantôt sur l’aptitude à la préméditation du politique, tantôt sur l’esprit de bravoure de l’homme et le rejet de la compromission par celui qui fût naguère explorateur, baroudeur, aventurier, et qui vraisemblablement l’est toujours. Car si le goût de l’inconnu a fini par l’entraîner dans le monde de la politique, c’est le courage qui l’en fera sortir pour ne probablement plus y retourner. Nous dirons surtout, à la manière d’un illustre florentin de la renaissance qu’au final, un homme quelle que soit sa condition, ne chemine qu’entraîné par la force de son naturel.

La politique – qui comme les affaires d’amour et d’argent n’est d’abord et avant tout le reste que passion – est une pièce de théâtre animée par des femmes et des hommes qui en incarnent les différents personnages en tenant compte de l’exigence d’un public averti et qui se confond à s’y méprendre avec le scénariste. Ils jouent juste. Ils campent leurs rôles sans fioritures, avec la gravité lorsqu’il le faut d’un Marc-Antoine portant à bout de bras l’auguste dépouille aux vingt trois entailles sur les marches du sénat.

Puis, quand vient le moment de partir, ils s’inclinent, saluent et partent. Souvent sous les applaudissements, parfois sous les sifflements et les conspuassions. Mais ils quittent toujours la scène dignement en bons comédiens qu’ils sont.

Force est de reconnaître maintenant que cette affaire franco-française ne manquera pas de nous interpeller, nous autres rares marocains qui continuons tant bien que mal à garder un œil incrédule et inquiet à la fois, sur la pratique politique dans notre pays. La bravade de Hulot – nous l’appellerons désormais ainsi – nous invite sérieusement à réfléchir sur ce principe dont nous ignorons presque tout, car étranger aux moeurs de nos gouvernants, et dont ne ne savons que peu de choses ; celui de la dignité chez l’Homme politique…

Mais ça c’est une autre histoire !

 

 

Inscrivez-vous à notre newsletter
Avec la newsletter quotidienne du Lalettre.ma, recevez par email les infos les plus importantes et les meilleurs articles du jour.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Lire aussi