#P’tit_billet: La parole du peuple c’est la parole du souverain

Répondant à une question orale du groupe CGEM à la Chambre des Conseillers, le ministre des finances a sauté sur l'occasion pour s'en prendre aux initiateurs de la campagne de boycott de certaines marques, et qui agite les réseaux sociaux depuis quelques jours.


Dérapage ou tacle volontaire ? Difficile à dire. Mais peu importe, dans la mesure ou l'acte est dans les deux cas blâmable.


Cependant, la réaction de M.Boussaid est facile à comprendre lorsque l'on sait que son collègue et accessoirement chef de parti, le milliardaire Aziz Akhannouch, est directement concerné par ce mystérieux boycott. En effet, le distributeur de carburant Afriquia, propriété du président du RNI, fait l'objet d'une farouche campagne de boycott depuis le 20 avril, avec deux autres labels qui sont Danone et Sidi Ali.


Le ministre des finances s'est indigné de l'attitude des initiateurs - et par extension des suiveurs- qu'il qualifiera «d'écervelés en leur suggérant plutôt d'encourager des entreprises marocaines structurantes et structurées qui créent de la valeur, des emplois et payent leurs impôts». En politique chaque mot vaut son poids dans la balance, et le qualificatif d'écervelés pèse très lourd.


Cette campagne de Boycott peut-être critiquable à cause de cette opacité qui l'entoure. Pour le moment aucun collectif de consommateurs ne s'est proposé de revendiquer clairement cette action. Et donc, pour le moment, aucune légitimité ne peut lui être accordée.


Mais le fait est qu'à l'heure actuelle, rien ne prouve que cette offensive virtuelle cacherait des intentions occultes. La seule certitude à avoir, c'est que ; si le véritable objectif de cette campagne est de bouder des leaders de la grande consommation pour protester contre la cherté de la vie, le marocain moyen ne pourra qu'y adhérer les pieds joints, les mains liées peut-être, mais la force de frappe dévastatrice des réseaux sociaux se chargera de faire le reste.


Mais revenons aux propos maladroits du ministre. Mohamed Boussaid qui nous a habitué par le passé a plus de retenue dans son propos, rate ici une belle occasion de se taire, et démontre encore une fois les limites du technocrate en politique. Où alors, cette retenue qui jadis masquait habilement la timidité du novice, se transformerait-elle aujourd'hui en une arrogance excessive et une perte totale du sens de la réalité ?


La priorité des priorités du gouvernement que représente M. Boussaid, qu'il l'assume ou pas, est d'oeuvrer sans relâche dans l'intérêt exclusif du peuple marocain. C’est ce peuple angoissé, désabusé et incrédule, qui doit retenir toute l’attention du responsable, quoiqu’en pensent les adeptes du libéralisme sauvage, les cyniques au service du soft-power et les grands prêtres du veau d’or.


« La parole est au peuple », disait le Général De Gaulle dans son discours du 25 août 1944, « la parole du peuple, c’est la parole du souverain » insistait-il de sa voix caverneuse…À méditer très sérieusement !

Anass Benaddi
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