#P’tit billet : Un mal peut engendrer un très grand bien

La Task Force de la Fifa vient de boucler sa semaine d’inspection au Maroc. L’expédition menée par l’un des milieux offensifs les plus talentueux de sa génération, le croate Zvonimir Boban, devait couvrir cinq parmi les douze villes retenues dans le dossier de la candidature marocaine pour l’organisation du Mondial 2026.
Le groupe de travail de la Fifa, aux allures de commando d’élite, à en juger par la levée de bouclier qu’il a provoqué un peu partout dans le pays, du fait de ses larges prérogatives, doit déterminer si le Maroc est apte ou pas à organiser l’événement.
L’inquiétude est compréhensible, voir naturelle, lorsque l’on apprend que l’escouade dépêchée à la dernière minute, peut écarter la candidature du pays si elle doit se baser sur des critères comme la santé ou l’infrastructure routière. Deux critères que couvre sa juridiction. Deux gros handicaps que nous autres marocains n’arrivons toujours pas à surmonter depuis plus d’un demi-siècle fait de vœux pieux et de projections illusoires, au fil des mandats ministériels.
Deux raisons valables qui peuvent empêcher le dossier marocain d’aller jusqu’au vote.
Inutile de se mentir ! Il suffit de rouler dans une grande ville comme Casablanca pour constater que les rues sont parsemées de cratères, alors que les hôpitaux publics s’apparentent de plus en plus à des purgatoires, quoiqu'en disent les responsables aux discours grandiloquents, et qui promettent monts et merveilles à l’horizon 2025…comme par hasard !
Soyons pessimistes un instant, faute de pouvoir être pragmatiques, et supposons que la Task Force de la Fifa réussisse dans sa mission occulte, et, qui consiste à évincer la candidature marocaine au profit de celle du trio Nord Américain et Mexicain. Essayons d’imaginer le scénario catastrophe qu’inspire le conspirationnisme. Le Maroc n’ira donc pas au vote, soit !
Serons-nous à ce moment-là capables de tirer les conclusions qui s’imposent d’elles mêmes ? Aurons-nous le courage de reconnaître que c’est notre propre incapacité à définir nos urgences qui nous aura coûté ce rêve, et qui nous échappe, force est de l’admettre, depuis vingt quatre ans ? Serons-nous enfin prêts, gouvernants et gouvernés, à assumer, nos responsabilités bien distinctes mais qui convergent inéluctablement vers la matérialisation du souhaitable et du meilleur ? Où alors serons-nous tentés par la facilité, celle qui nous pousse à nous enliser davantage dans le déni en cherchant à accabler telle ou telle force malveillante qui n’existerait que pour nous faire du tort ? C’est là, la pire des hypothèses…la seule et la plus tragique des issues !
S’il est dit qu’un mal peut engendrer un très grand bien, alors nous autres marocains sommes capables de comprendre que nous n’avons rien à perdre dans cette histoire. Soit nous gagnerons, soit nous apprendrons…à moins que ce regrettable chauvinisme qui nous caractérise dans nos « moments sans » ne s’en mêle encore une fois !

A.B
Inscrivez-vous à notre newsletter
Avec la newsletter quotidienne du Lalettre.ma, recevez par email les infos les plus importantes et les meilleurs articles du jour.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Lire aussi