Fuite en avant

Le Front Polisario a décidé de reprendre ses incursions dans la zone tampon près de Guerguerat, un no man’s land situé à la frontière Marocaine avec la Mauritanie.

L’année dernière, une action identique avait provoqué une riposte immédiate de la part du Maroc, suivie d’une intervention de l’ONU qui a pu obtenir, in-extrémis, le retrait de l’armée marocaine, puis, des milices séparatistes.

En agissant de la sorte, le Front Polisario, qui tente de raviver les tensions au lendemain de la première tournée effectuée dans la région par l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental, Horst Kohler, démontre une fois de plus qu’il a fait le choix de la fuite en avant, en usant du mieux qu’il peut de tous les petits moyens dont il peut disposer. Nous ne parlons pas ici des moyens financiers ou militaires, le voisin algérien étant là pour nous le rappeler, mais plutôt de cette fâcheuse tendance, prenons-la pour exemple, qui consiste à hausser le ton lorsque s’amenuisent les arguments.

Tous les psychanalystes s’accordent à dire que la fuite en avant est un mécanisme d‘auto-défense qui consiste à prendre les devants pour fuir ses angoisses. Nous sommes ici face à un cas très représentatif de cette forme de psychose ; celui du névrosé qui se jette à corps perdu dans l’inconnu pour éviter d’affronter une réalité effrayante.

En politique, la fuite en avant est à la fois une piètre et dangereuse façon de s’écarter de la voie du dialogue. User de la provocation en permanence devient d’une lourdeur pesante, au moment ou le règlement politique de ce conflit requiert, aujourd’hui plus qu’hier, un climat de sérénité absolue qui ne tolère ni l’excitation juvénile, ni l’insouciance suicidaire d’un groupe de « guérilleros », conçu dans l’ivresse de la guerre froide, puis avorté dans la frénésie des révolutions tiers-mondistes, avant d’être abandonné à la porte de ce qu’aurait pu être ce Grand Maghreb si plein de promesses.

De son côté, le Maroc qui demeure entièrement légaliste dans sa démarche, a choisi cette fois-ci de faire preuve de retenue en tenant compte des recommandations de l’ONU, depuis la crise de l’année dernière. Une posture que la communauté internationale doit certainement apprécier à sa juste valeur, tant la patience, vertu indispensable à la gestion des conflits, connaît elle aussi ses propres limites.

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