Frankenstein refuse de Mourir

Billet lalettre.ma, Frankenstein refuse de Mourir

Au Maroc, les convictions politiques s’expriment mieux à coups de lancer d’assiettes et de chaises.

C’est le moins que l’on puisse dire après le consternant spectacle offert par les militants du plus vieux parti du Maroc lors de ce fameux 17e congrès qui devait, rappelons le, officialiser l’éviction annoncée de Hamid Chabat au profit de Nizar Baraka.

Mais bien qu’embourgeoisé par quelques années de leadership politique, Hamid Chabat n’a jamais oublié ses origines roturières ! Le réparateur de bicyclettes a donc décidé de vendre chèrement sa peau. Le sbire, devenu général, est visiblement décidé à en découdre avec ses maîtres d’hier, devenus ses rivaux d’aujourd’hui !

Le jeu politique au Maroc est particulièrement unique en son genre, dans le sens où, le pion peut au gré des incohérences, nourrir naturellement des velléités de pièce maîtresse.

En occident, dans un contexte démocratique aux antipodes du nôtre, ce genre de situation n’aurait jamais existé, car dans un contexte autre que le nôtre, la vie politique est une réalité.

Elle se vit au quotidien à travers l’engagement sincère d’une base militante, entraînée dans cet interminable combat des idées par des dirigeants légitimes, dont la longévité ne peut être déterminée que par la sincérité de l’engagement.

En occident, les mains invisibles peinent à faire et à défaire les carrières là où les urnes valident ce que projette la conscience politique…car en occident, il n y a pas de docteur Frankenstein, pas plus qu’il n y a de monstre éponyme.

Revenons au Maroc où, il y a quelques années, en 2012 plus exactement, et dans la confusion née des printemps arabes, la pression de l’instant a exigé l’avènement des populistes en tout genre ! On a cru, à tort, que pour contenir la tâche d’huile islamiste qui devenait la réalité géostratégique du moment, les hommes de conviction devaient être écartés pour céder la place à des charmeurs de foules aguerris aux joutes verbales, mais sans consistance intellectuelle réelle, et vierges de toute culture politique.

L’erreur de jugement fût telle que l’on se retrouve aujourd’hui avec une classe politique vidée de toute sa substance, un corps malade qui ne peut plus assumer son rôle d’intermédiaire entre l’état et les marocains, mais qui a fini par développer une forme de conscience particulière. Un corps dénaturé, mais conscient, qui se défend et s’accroche à cette merveilleuse découverte qu’est l’existence. Il refuse désormais de se laisser euthanasier…comme le monstre de Frankenstein !

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